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Choisir un EPI adapté au salarié : quelle place pour l’ajustement des chaussures ?

Photo du rédacteur: Wing Fa Oliver Chan, DBA
Wing Fa Oliver Chan, DBA
il y a 24 heures
4 min de lecture
Un salarié en chaussettes parmi différents types de chaussures professionnelles, illustrant l’importance de prendre en compte le porteur dans le choix des chaussures.

Lorsqu’une organisation choisit un équipement de protection individuelle (EPI), la conformité aux exigences de protection est naturellement essentielle.


Mais le choix ne s’arrête pas nécessairement à la conformité.


L’INRS rappelle que le choix d’un EPI doit notamment tenir compte de la nature du risque, des conditions de travail et des caractéristiques du salarié, notamment sa morphologie. Il recommande également d’associer les utilisateurs au choix des EPI et de prévoir des essais avant le choix définitif.


Cette logique paraît évidente pour certains équipements. Un masque de protection respiratoire, par exemple, doit être adapté à la morphologie du visage de son utilisateur et faire l’objet d’un essai d’ajustement pour assurer correctement sa fonction de protection.


Mais qu’en est-il des chaussures professionnelles ?


Un même EPI, des utilisateurs différents

Dans une entreprise, une caserne, un service de secours ou une unité opérationnelle, plusieurs personnes peuvent porter le même modèle de chaussures.


Pourtant, leurs pieds ne sont pas identiques.


La longueur n’est qu'une dimension parmi d’autres. La largeur, le volume, le cou-de-pied, la forme générale du pied et d’autres caractéristiques peuvent également varier d’une personne à l’autre.


Lorsque des chaussures professionnelles sont sélectionnées pour un groupe de salariés, comment savoir si elles sont également adaptées aux pieds des personnes qui vont les porter ?


Cette question ne remet pas en cause les normes de protection. Elle ajoute une autre dimension au processus de sélection : la relation entre l’équipement et son utilisateur.


Quand les utilisateurs font remonter un problème

Un document élaboré par des élus du CHSCT du SDIS 33 offre un exemple intéressant.


Les bottes et rangers utilisées par les sapeurs-pompiers concernés étaient des EPI répondant à la norme NF EN 15090. Le document les décrit comme efficaces pour les tâches opérationnelles auxquelles elles étaient destinées.


Pourtant, la réflexion du CHSCT est partie notamment de nombreuses remontées d'agents qui trouvaient leurs bottes ou rangers lourdes et inconfortables à la longue.


Le document précise également que ces chaussures étaient portées pendant toute la journée de travail, y compris pour des activités administratives, le nettoyage des véhicules et les repas.


Il s’agit d’un point intéressant pour la gestion des EPI : un équipement peut être approprié à une fonction de protection particulière, alors que son usage réel, sa durée de port et son adaptation à l’utilisateur peuvent soulever d’autres questions.


Le document rapporte aussi l'avis d'un podologue concernant l'ajustement au niveau du cou-de-pied : selon cet avis, un ajustement insuffisant pouvait permettre au pied d'avancer dans la chaussure, tandis qu'un cou-de-pied plus fort pouvait subir une pression excessive.


Ce retour de terrain ne constitue pas à lui seul une démonstration scientifique qu'une chaussure donnée provoque une pathologie. Il montre néanmoins pourquoi écouter l’expérience des utilisateurs peut faire apparaître des questions qui ne sont pas nécessairement visibles au moment de l’achat.


Quand les mesures racontent une autre histoire

Une étude menée auprès de 208 mineurs de charbon souterrains en Australie apporte une autre perspective.


Dobson et ses collègues ont comparé les dimensions obtenues par scanner 3D des pieds des mineurs avec les dimensions internes de leurs chaussures de travail.


Les chercheurs ont constaté que les mineurs portaient des chaussures sensiblement plus longues que leurs pieds. Ils ont avancé comme explication possible que les chaussures correspondant à leur longueur de pied pouvaient être trop étroites.


Ce résultat est particulièrement intéressant.


Choisir une pointure supérieure peut sembler résoudre un problème de largeur. Mais augmenter la longueur ne signifie pas nécessairement obtenir un meilleur ajustement global.


C’est précisément là que la notion de pointure montre ses limites : elle donne une information utile, mais elle ne décrit pas à elle seule toute la relation entre le pied et la chaussure.


De la sélection de l’EPI à son ajustement

Les recommandations de l’INRS, le retour d’expérience des sapeurs-pompiers du SDIS 33 et l’étude des mineurs concernent des contextes très différents.


Ils convergent néanmoins vers une question commune : Comment intégrer davantage les caractéristiques et l’expérience de l’utilisateur dans le choix des équipements qu’il devra porter ?


Pour les chaussures professionnelles, cela peut commencer par des questions relativement simples.


La gamme proposée offre-t-elle suffisamment de choix pour la diversité des pieds ? Les utilisateurs peuvent-ils réellement essayer les chaussures avant le choix définitif ? Leur retour sur l’ajustement et le confort est-il recueilli ? Et que se passe-t-il lorsqu’un problème apparaît après plusieurs semaines ou plusieurs mois d’utilisation ?


Une question de Footwear Fit Management

C’est ici que la gestion de l’ajustement des chaussures — Footwear Fit Management — apporte une perspective complémentaire.


Elle considère l’ajustement non comme une décision ponctuelle prise au moment de l’achat, mais comme une relation entre le pied et la chaussure tout au long de son utilisation.


Pour une organisation, cela signifie regarder non seulement quelle chaussure acheter, mais également comment les choix disponibles correspondent aux utilisateurs, comment les chaussures sont essayées et comment l’expérience des porteurs est suivie dans le temps.


La conformité reste indispensable.


Mais une autre question mérite d’être posée : Une fois l’EPI sélectionné, savez-vous s’il est réellement adapté à la personne qui le porte ?


Oliverland Consulting accompagne les organisations dans cette réflexion à travers la gestion de l’ajustement des chaussures professionnelles.


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Si l’ajustement des chaussures est une question pour votre organisation, réservez une discussion découverte de 30 minutes avec Oliverland Consulting.


Références

INRS. Protection individuelle – Ce qu'il faut retenir. Institut national de recherche et de sécurité.

SDIS 33 / élus CHSCT. Chaussures de casernement au sein du SDIS 33 – Proposition pour une étude sur des chaussures de casernement.

Dobson, J. A., Riddiford-Harland, D. L., Bell, A. F. & Steele, J. R. (2018). The three-dimensional shape of underground coal miners' feet do not match the internal dimensions of their work boots. Ergonomics, 61(4), 588–602.

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